posing
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Se préparer à un entretien d’embauche ne se résume pas aux seules compétences techniques, ni à la préparation classique des questions attendues. Prendre soin de sa posture et de sa gestuelle s’avère tout aussi déterminant dans l’appréciation que laisse un candidat. Imagine la scène : assis dans la salle d’attente, mains moites, épaules repliées, regard hésitant… Ce scénario, beaucoup l’ont déjà connu et peuvent confirmer son manque d’efficacité. Pourtant, il est tout à fait possible de mettre en place une préparation physique ciblée pour arriver dans la bonne disposition d’esprit. Les techniques du power posing, popularisées au fil des années, entrent précisément dans ce cadre. Que nous disent réellement les études ? Quelles attitudes adoptées pour tirer le meilleur parti de ces méthodes ? Décryptage point par point.

Dans le domaine de la sélection, la dimension non verbale est parfois décisive : les employeurs évaluent, consciemment ou non, davantage que les mots. Les personnes chargées de recruter des seniors ou de jeunes talents accordent souvent une vigilance particulière aux signaux corporels : posture droite, gestuelle maîtrisée, énergie dans la présence… L’expérience montre que les premiers instants, avant même la prise de parole, impactent durablement l’opinion du recruteur.

Posture et communication non verbale : quelle influence sur votre entretien ?

Rester en pleine possession de ses moyens passe nécessairement par la façon dont on occupe l’espace. Qui n’a jamais perdu ses moyens, pour de simples épaules rentrées ? Se tenir droit, penser au placement des mains, regarder naturellement son interlocuteur semblent des détails, mais ils changent la donne. Pour s’en convaincre, il est utile de prendre conscience de l’importance de chaque geste : tantôt signe d’assurance, tantôt indice d’une hésitation intérieure.

Cette observation est largement partagée : adopter une posture ouverte, détendre les épaules, ancrer le regard, permet de projeter une image professionnelle solide. Selon plusieurs spécialistes, ajuster ces paramètres s’avère bénéfique au-delà de la simple apparence : ils influent aussi sur l’esprit et augmentent la disposition à convaincre, même dans les situations les plus critiques.

Qu’est-ce que le power posing ? Controverses et réalités

Concept clé du posing

Le power posing a fait parler de lui à la suite du TED Talk d’Amy Cuddy, en 2012. L’idée : adopter des postures d’ouverture (bras écartés, position debout ancrée) quelques minutes avant un événement important. Cette méthode vise, entre autres, à renforcer la mémoire du corps, juste avant un moment clé comme l’entretien d’embauche. Le geste imite la puissance, pour que l’esprit adopte, à son tour, un état d’esprit résolument affirmé.

Les doutes scientifiques

Cependant, toutes les publications ne s’accordent pas sur l’étendue des effets physiologiques : certains résultats initiaux sur l’impact hormonal se révèlent sujets à caution. On constate tout de même, en analyse plus large, que le bénéfice principal se retrouve dans le ressenti : le fait d’intégrer une pose de force diminue la sensation de stress, grâce à un recentrage sur soi. Même en l’absence de changement mesurable au niveau biologique, l’assurance psychologique, elle, progresse plus nettement.

Entre efficacité et limites

Est-il pour autant utile d’écarter la méthode ? Il s’avère qu’un nombre croissant de candidats témoignent d’un réel soulagement et d’une meilleure aptitude à se lancer, après cette courte phase préparatoire. Que ce soit deux minutes de pose héroïque dans un couloir ou une pause debout dans les toilettes, cela rythme la reprise de confiance. Sans excès, ce réflexe mentalisé peut offrir la petite impulsion qui fait toute la différence, notamment dans les contextes réputés stressants.

Les fondamentaux d’une posture convaincante

L’importance d’une position droite

Un maintien aligné, ni rigide ni relâché, inspire d’emblée la préparation et la sérénité. Ce classique du coach vocal – s’imaginer tiré vers le haut par un fil – vaut tout autant dans la préparation à l’entretien. Nombre de candidats, en négligeant cet aspect, passent à côté de cette clé simple : la posture conditionne la voix, l’expression et la perception générale.

Les gestes à éviter

Manier nerveusement un objet, croiser sans arrêt les bras, ou cacher ses mains : ces petits gestes décrédibilisent parfois tout un échange. Au contraire, une gestuelle sobre, accompagnant la parole sans l’envahir, maintient l’attention et crée un climat engageant. Cela demande un peu d’entraînement : corriger ces automatismes permet d’éviter bien des malentendus.

Une routine accessible à tous

Juste avant de franchir la porte, un contrôle rapide s’impose : épaule ouverte, pieds ancrés, respiration calme. Trente secondes suffisent, mais ce passage a, en ce qui concerne la préparation mentale, l’impact d’un véritable rafraîchissement. Dans la durée, cette micro-routine se transforme en habitude durable pour tous types de prises de parole.

Une méthode à suivre, minute par minute

10 minutes : détendre la tension

Quelques étirements légers pour solliciter le haut du dos ou faire bouger les jambes, c’est déjà beaucoup. Le corps stocke les tensions dans le cou, les épaules, parfois même dans les mâchoires : il importe de relâcher ces zones. Une respiration profonde, rythmée, accompagne efficacement ce relâchement, pour un retour rapide au calme.

5 minutes : adoptez une neutralité contrôlée

Placez-vous dans la salle d’attente avec un maintien stable, les mains posées, le regard serein. Ne cherchez pas à occuper trop d’espace, mais ne vous faites pas tout petit non plus. Cet équilibre donne l’impression d’une personne disponible, attentive et prête à répondre à l’inconnu.

Derniers instants : oser le power posing

Un instant à l’écart ? Profitez-en pour tenter la posture du héros : jambes écartées, mains appuyées sur les hanches, respiration profonde. Moment bref, mais marquant. Plusieurs candidats, après avoir appliqué ce conseil, rapportent une attitude plus assurée et un discours plus fluide, même face à des jurys nombreux.

Comment les recruteurs perçoivent vos mouvements ?

Ce n’est un secret pour personne : la première poignée de main, le contact visuel et la gestuelle sont jugés au millimètre près. Beaucoup de professionnels en ressources humaines avouent, parfois à demi-mot, avoir tranché dès les premiers instants, à cause de signaux non verbaux négatifs. Cela ne signifie pas qu’il faille jouer la comédie, loin de là. Mais une certaine attention à son langage corporel, sans tomber dans le maniérisme, équilibre transparence et assurance.

Les entretiens à distance : adapter sa posture ?

La généralisation des entretiens en visioconférence a déplacé une partie des enjeux : il ne suffit plus d’être attentif en présentiel, encore faut-il l’être derrière un écran. Soigner le cadrage, choisir une luminosité adaptée, rester assis droit et éviter de s’appuyer sur le dossier : autant d’éléments qui, même à distance, restent analysés. Les détails paraissent secondaires, mais sur une image, la moindre hésitation se voit plus nettement. Cela demande parfois quelques ajustements en amont ou la répétition devant une caméra test.

Données scientifiques : confirmation ou interrogations ?

Les études consacrées au posing présentent des résultats variés. Certaines confirment qu’adopter une posture ouverte améliore le ressenti subjectif : moins de nervosité, plus de disponibilité mentale. D’autres, en revanche, suggèrent que l’effet sur la physiologie (taux de cortisol ou de testostérone par exemple) est moindre que prévu. Malgré tout, une quasi-unanimité se dégage concernant l’apport psychologique, notamment pour combattre le trac. Ceux qui s’y essaient rapportent souvent une impression d’élan au moment décisif, ce qui, dans le feu de l’action, peut faire pencher la balance.

Les principales erreurs à éviter

L’excès nuit toujours, même dans la préparation. Forcer le sourire, multiplier les gestes ou chercher une maîtrise absolue conduit à l’inverse de l’effet recherché : on paraît artificiel ou surentraîné. Les coachs conseillent d’adopter une attitude naturelle, quitte à conserver une zone de fragilité : c’est bien cette part d’authenticité qui distingue les candidats vraiment marquants. Il est utile, parfois, de visionner ses propres simulations filmées : l’autocritique, si elle reste bienveillante, permet de corriger de petites maladresses invisibles sur le moment.

Pour aller plus loin dans la maîtrise gestuelle

Affiner ses compétences en langage corporel ne se limite pas au seul entretien d’embauche. Certaines personnes s’initient via des tutoriels vidéo, d’autres choisissent d’observer des scènes de théâtre ou d’analyser le monde du bodybuilding, où la posture est portée à son maximum d’expressivité. Dans divers univers, comme celui du modélisme ou de la photo, apprendre à composer son attitude produit des bénéfices insoupçonnés. Ainsi, la démarche d’apprendre à se présenter ou à recruter des seniors bénéficie de ces mêmes codes : l’art du non verbal vaut pour tous les profils, à tout âge. Une discipline à explorer en s’appuyant sur des ressources spécialisées, guides ou supports interactifs, pour progresser étape après étape.

Sources :

  • sciencedirect.com
  • coaching.org
  • jobteaser.com
  • monster.fr

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